13 mai 2009
+[ VI ]+
Il pouvait bien rire à s'en étouffer, il aurait pu mourir la tête plongée dans les larmes, rien n'affectait la femme qui l'avait mis au monde. Il sait, il sait, c'est bien évident qu'il sait. "Tu sais, maman, et moi, je sais aussi. " Mais il n'osait pas prononcer ce qu'il savait. L'aveu à soi-même. C'est l'évidence qui fit de lui l'enfant de personne. Sa mère ne désirait pas être sa mère, il n'avait que sa mère, il n'avait personne. Le mépris a grandit en sa mère pendant que la folie grandissait en lui, il n'est pas fou, c'est maman qui dit qu'il est fou. Il confond tout ; il ne sait plus. "Veux-tu que je meurs, maman ?"
03 décembre 2008
+[ V ]+
Lui, il rit. Parce qu'il a toujours rit. Même si, il sait. " N'est-ce pas, maman ? Si je meurs, tu riras. " Alors, il s'en amuse aussi, et sous le regard horrifié de cette femme, il s'étrangle. Le collier, il le ressert, de plus en plus, et sa gorge lui fait mal, mais ça l'amuse, parce qu'enfin, elle est apeurée face à la mort de son fils. Mais il arrête, il tousse, et il rit. Simplement, elle y avait cru, mais puisque c'est terminé... " Tu vois, maman ? Si je meurs, finalement, tu aurais peur. " Elle aurait peur, et lui, il rirait.
16 novembre 2008
+[ IV ]+
Ses
bras fins se resserraient sur lui à la force de son effroi. La douleur
s’intensifiait, et il serrait son ventre autant qu’il pouvait. Il avait
peur, il avait mal.
Pourquoi ? Pourquoi souffrait-il ?
La seule chose qu’il pouvait faire, c’était être spectateur de sa décomposition soudaine.
Le mal rongeait son intérieur, il se cambrait de douleur.
Puis plus rien. Il riait.
+[ III ]+
La
mélodie du verre qui se brise sur le carrelage était le pire son qui
puisse résonner dans cette maison. Car chaque fois, il se souvenait du
visage furieux qui le fixait, et chaque fois, il revoyait ce rouge qui
coulait entre ses doigts. Il prenait peur, il suffoquait, il pleurait,
sans bruit, il se recroquevillait, il disparaissait dans le noir, la
tête contre ses genoux blessés. Chaque fois, elle hurlait dans son
souvenir, et ses mains souffraient, car elles se souvenaient du verre
qui les avait tranchées. Il désirait courir, fuir, le pauvre innocent
qui avait juste laisser échapper un verre.
+[ II ]+
« Se sentant seul, abandonné, abritant le sentiment d'inexistence qui l'obsède, ce n'est qu'un enfant qui désire mieux faire. Il fera mieux, ailleurs, plus tard, au moment où il en sera capable, simplement. C'est décidé, il devient fou, comme s'il ne l'était pas déjà. Son esprit psychotique sature, les derniers liens avec la réalité se brisent, enfin. Demain, il fera jour à nouveau. »
+[ I ]+
La paranoïa gagne chaque centimètre de son esprit, puis il éclate. Son rire, ses grands yeux, il a toujours l'air d'un enfant. Son genou éraflé souffrait toujours. « Elle se levait, s'avançait doucement vers la fenêtre. Elle l'ouvrit, s'assit sur le rebord, les jambes caressées par le vent qui faisait danser les feuilles et sa longue robe. Ses pieds étaient gelés, et elle, elle souriait. Puis elle se laissa glisser, cessa toute résistance. Et ensuite ? ...Ah, oui... » Il revint sur la terre ferme et scrutait le sol extérieur en riant, et de sa douce voix... « Elle mourut. »
